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16 sept. 2014

Lettre à mes racines

Je suis la fille d’un Beauceron et d’une Saguenéenne qui a grandi en Beauce.

Adolescente, mon nom de famille était plus une source de gêne que de fierté. Il me suivait partout et, en un sens, il me définissait. Surtout à Saint-Georges.

« Ah! Tu es une Dutil! » ou « Ah! Tu es la fille de Marc... » ou « Ah! Toi, t’es une riche! »

Qui aimerait se faire catégoriser immédiatement par des inconnus?
En Beauce, j’étais une Dutil, pas Corinne.
Je ne comprenais pas encore toute la portée de ce nom, donc j’ai voulu me sauver. N’importe où je pourrais avoir la paix. Ce fut Ottawa.

J’ai fini par étudier en gestion. Je pensais pouvoir y être Corinne, parce que personne ne savait qui j’étais là-bas. J’étais totalement anonyme.

Non.

Lors d’un de mes premiers cours en administration, le prof nommait les gens:


- Dutil, Corinne.

- Présente!

- Tu viens d’où, Corinne?

- De la Beauce.

- Tu connais un Marcel?

Je ne pouvais pas y croire! Mais, cette fois-ci, ce n’était pas de la gêne…
C’était de la fierté.

Quand tu es jeune, tu ne comprends pas nécessairement pourquoi ton père n’est pas souvent là; pourquoi ton grand-père te dit que, les mathématiques, c’est important; pourquoi ton arrière-grand-père t’a légué un nom qui a de l’impact et pourquoi le nom de ton arrière-arrière grand-père est maintenant celui du boulevard de ton patelin. Tu te rebelles, tu te sauves à l’autre bout du monde. Tu veux être ta propre personne, tu ne veux pas habiter en Beauce et tu ne veux PAS être reconnue seulement comme une Dutil.

Mais, à 23 ans, je me rends compte que ces hommes et ma famille ont légué à moi, mes frères et ma sœur, mes cousins et cousines, et maintenant, à nos communautés, un sentiment d’appartenance, de fierté, de loyauté envers les gens de la Beauce et les entrepreneurs. Une raison d’être, en quelque sorte. Ils m’ont appris que travailler fort, c’est important. Que la famille, c’est important. Qu’entreprendre, c’est important. Et surtout, que redonner, en toute humilité, c’est enrichissant.

Je tiens à dire merci à ces hommes (et à leur femme!) qui ont contribué à bâtir des entreprises et des institutions dont le succès contribue aujourd’hui à des milliers de personnes. Ils ont partagé leur savoir et leur temps. Ils ont souvent sacrifié leurs fins de semaine et leurs vacances, les spectacles de musique et les soupers de fête de leurs enfants. Ils l’ont fait autant pour moi que pour vous. Donc moi, Corinne Dutil, fille de Catherine et de Marc, j’ai décidé de rendre honneur à mes racines et de revenir en Beauce. Ce ne fût pas un choix facile, car disons que, Saint-Georges, c’est plus tranquille que la grande ville, mais je suis fière de travailler à l’École d’Entrepreneurship de Beauce. Je me suis jointe à l’équipe marketing en tant que rédactrice et je suis également coordonnatrice au sein du Programme Émergence.

Le but de ce blogue est de vous transmettre une vision de l’École venant d’une jeune femme de 23 ans, qui a grandi dans l’entrepreneuriat et les affaires, mais qui en apprend un peu plus à tous les jours en étant ici. J'ai toujours observé l’EEB en tant que « fille de Marc » et, au tout début, je voyais  cette école seulement comme le rêve de mon père.

Maintenant, je vois l’EEB comme un lieu qui change des vies. Un lieu qui transforme des personnes en les aidant à grandir et à devenir la meilleure version d’elles-mêmes. Un lieu qui permet aux gens de croire en leurs rêves, en leurs projets; à croire qu’ils sont capables de réaliser tout ce qu’ils veulent entreprendre.

Et c’est cela que je veux partager.

Merci et au plaisir de vous rencontrer,

Corinne

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