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19 mai 2015

Lettre d'une relève à son père

Aujourd’hui, ça fait un an exactement que je travaille à l’EEB. J’ai eu une année remplie d’aventures, de rencontres, d’émotions, de rires et de pleurs, de nouvelles amitiés, d’inspiration, de prise de conscience et connaissance de soi, de motivation et de préjugés brisés.

Avant même de commencer en mai dernier, on m’avait demandé d’écrire un article sur mon héritage familial. Après beaucoup de réflexion, j’ai écrit une Lettre à mes racines., que nous avons publiée en septembre dernier.

Aujourd’hui, c’est une lettre à mon père que vous lirez. C’est la nouvelle cohorte Émergence qui m’a inspiré à écrire ce texte. J’ai eu la chance d’assister au lancement de la G3 le 14 mai dernier, et j’ai entendu quelques-uns d’entre eux parler du fait d’être une relève familiale, à quel point parfois ce n’était pas facile…

Je voulais vous donner mon opinion et vous dire ce que c'est pour moi, être en relève.

Lettre à mon père

Pendant plusieurs années, j’ai répété mainte fois que je ne travaillerais jamais avec mon père. Que mon père ne serait jamais mon patron, mais plutôt toujours Papa. Pas Monsieur Dutil. Pas Marc Dutil. Pas le boss.

J’étais absolument convaincue que travailler chez Canam ou à l’École d’Entrepreneurship de Beauce aurait un impact négatif sur notre relation et que jamais je ne travaillerais à un de ces deux endroits.

Vous connaissez la suite…

Il ne faut jamais dire jamais.

En février 2014, j’ai participé à un 24h EEB pour la première fois. Créer et rêver, avec ma mère et la Cohorte 6 du Programme Élite. Juste 24 heures, et j’étais charmée. Charmée par l’École, par les entrepreneurs-athlètes et, surtout, par l’Équipe de l’EEB, qui selon moi, crée des miracles… Je n’avais pas vraiment compris ce qu’était l’École avant ce jour. J’ai vu certains des entrepreneurs-athlètes affronter leurs peurs, se dépasser et se transformer dans l’espace d’une journée.

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C’était émouvant et inspirant, et c’est donc avec les yeux pleins d’eau que je suis allé voir Valérie Parent, ma directrice maintenant, et je lui ai dit « Je veux travailler ici ». Je n’ai même pas pensé avant de parler. Je ne la connaissais même pas et je pleurais devant elle! Ça a sorti tout seul, tout droit de mon cœur.

Pleurer devant sa future directrice n’est pas nécessairement la meilleure idée, mais l’offre d’emploi est venue 3 mois et demi plus tard. On voulait que je vienne travailler à l’EEB en tant que rédactrice.

Mon premier réflexe a été de me dire ils doivent faire ça parce que je suis la fille de Marc. J’ai appelé mon père, je lui ai demandé si c’était lui qui avait demandé qu’ils m’approchent, et il m’a dit « aucunement ». S’ils t’ont appelé, c’est parce qu’ils te veulent.

J’ai passé mon entrevue (je n’ai PAS pleuré cette fois-ci), l’offre est devenue officielle et j’ai dit oui. Je suis devenue, en quelque sorte, en situation de relève.

Mon père est maintenant mon patron. Bien sûr, je n’ai pas un poste de direction. J’ai d’autres patrons entre moi et mon père, je n’ai pas de lien direct avec lui. Je suis rédactrice et il est président du conseil d’administration… Disons qu’on ne se croise pas souvent dans les corridors. Mais ce n’était pas cela qui m’inquiétait... C’était notre relation. J’avais imaginé le pire.

Et j’avais totalement tort.

Ça fait maintenant un an que je suis ici, et ma relation avec mon père est, selon moi, meilleure que jamais.

Les préjugés que j’avais envers la relève familiale n’ont pas donné signe de vie. Mon père n’est pas plus distant ou plus autoritaire. Au travail, je suis une employée, comme tous les autres, mais je n’ai jamais le sentiment d’arrêter d’être sa fille. Il ne me coupe pas les jambes quand je donne des idées : il les écoute et me conseille. Il ne me chicane pas quand on se voit hors du travail si je fais une erreur : il m’aide à en rire et à trouver une solution. Il m’implique dans certains projets. Il reste accessible. Il est patient.

Il reste mon père.

Je voulais écrire ceci, car je suis certaine que je ne suis pas la seule dans une situation de relève familiale qui avait peur d’abimer la relation avec son parent en se joignant à l’entreprise familiale. Je l’ai écrit pour vous dire que travailler avec un de vos parents peut vous aider à grandir, à apprendre, à évoluer et à vous améliorer!

C’est un travail d’équipe. C’est aussi ma responsabilité de respecter la chaîne de commande de l’organisation, d’apporter mes demandes à ma supérieure immédiate et de ne pas sauter d’étapes. De respecter l’autorité et les choix de mon père. C’est notre rôle à nous deux de se traiter avec respect et amour, tant au travail qu’à la maison.

Si vous avez la chance d’avoir une famille en affaires et si vous avez le goût de vous joindre à l’entreprise familiale, je vous conseille fortement d’essayer. J’aurais pu dire non à l’offre d’emploi de l’EEB à cause de mes peurs non fondées et passer à côté de cette occasion en or. Passé à côté de l’occasion de passer plus de temps avec un homme que j’admire et d’apprendre énormément de choses.

Plus jeune, je ne l’écoutais pas quand il me parlait d’affaires.

Là, j’ai les oreilles grandes ouvertes.

Je vous souhaite à tous d’avoir la chance de découvrir un nouveau côté de votre père ou votre mère en travaillant avec eux. Je vous promets, ils vous surprendront. 

Corinne

 

 

 

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