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17 mars 2016

Les 5 grands défis d’un entrepreneur techno selon Éric Chouinard

EEB - Éric Chouinard

Dans le cadre du lancement du parcours EEB Techno, l’EEB s’entretient avec Éric Chouinard, fondateur d’iWeb et entrepreneur-entraîneur de la cohorte qui débute en juin.

 

Depuis ses débuts en 1996, iWeb était destinée à de grands succès. Menée par Éric Chouinard, un pionnier de l’entrepreneuriat techno québécois, l’entreprise spécialisée en hébergement web a toutefois dû surmonter de nombreux défis pour percer les frontières canadiennes puis croître à l’international, avant d’être acquise en 2013 par l’Américaine Internap pour la somme de 145M$US. Voici les 5 principaux défis auxquels a fait face Éric Chouinard pendant  la croissance d’iWeb.

 

1er défi : Intéresser et impliquer les personnes clés

 

On le sait, en techno, les individus de qualité se font rares et sont sollicités par des entreprises toutes plus innovantes les unes que les autres. Qu’est-ce qui peut faire la différence ?

« Le mindset de notre entreprise attirait beaucoup les gens talentueux qui voulaient faire les choses autrement. […] On a aussi très rapidement utilisé des programmes de participation à l’actionnariat de l’entreprise (stock option plan) pour qu’ils voient une corrélation entre l’effort investi, la création de valeur pour l’entreprise et le retour de valeur au niveau personnel - en plus du fun ! »

C’est bien beau d’attirer les bonnes ressources, mais encore faut-il les garder ! Pour Éric Chouinard, une des clés est de fonder un esprit de famille qui va plus loin que le travail et le bureau.

« On était vraiment une société internationale - 80% des employés n’étaient pas des Québécois de souche. (Pour créer des liens) on organisait beaucoup d’activités sportives ou de création pour rassembler nos employés et les amener à se découvrir. »

Et ton fameux « Indice du bonheur » ?

(Rires)

« On a développé une méthodologie pour mesurer le bonheur de nos employés. C’est simple : si les gens sont heureux, il ya bien des chances que ça paraisse quand ils vont servir les clients! »

 

2e défi : Combler les besoins de financement au bon moment

 

Les entreprises technos n’ont souvent qu’un objectif en tête : scaler (croître). Pour ce faire, des partenaires financiers sont souvent indispensables et dans une réalité où ce qui a déjà été fait est out, trouver le bon partenaire peut s’avérer tout un défi…

« À l’époque, les financiers du Québec travaillaient avec des grilles de classification d’entreprises qui ne nous reconnaissaient pas. On présentait un concept qui n’existait pas sur le marché! »

Qui dit nouveau modèle d’affaires dit souvent aussi que bien des preuves restent à faire. Dans le cas d’iWeb, c’est son entrée en bourse en 2004 qui lui a permis d’atteindre le niveau de crédibilité nécessaire pour poursuivre sa croissance et développer de nouvelles relations stratégiques.

« Si on se connait bien, la connexion va arriver. Dans mon cas, c’était clair quand j’arrivais devant les investisseurs que j’étais un gars du Québec. Pour certains c’était charmant alors que, pour d’autres, c’était un turn-off. »

Pour la reprivatisation d’iWeb en 2011 l’entreprise a accepté la proposition de Novacap, de la Caisse de Dépôt et Placements du Québec – présentateur officiel du parcours EEB Techno – et de BSCP IW Holdings.

« Dans notre cas, c’était un choix purement financier, car on était dans l’obligation de prendre la meilleure offre pour tous nos actionnaires. Heureusement, la proximité et la compréhension de la culture d’entreprise étaient présentes chez nos partenaires. »

 

3e défi : Savoir bien s’entourer

 

Un Conseil d’Administration bâti en fonction du plan stratégique de l’entreprise a permis à iWeb de recruter les bonnes personnes…

« Au début, c’était difficile de les convaincre, mais je suis allé avec la raison et mon cœur. Et ça a fonctionné!»

… Et d’ajouter de l’expérience dans certains secteurs nouveaux pour la haute direction de l’entreprise.

« Je faisais souvent venir les gens de notre haute direction au CA pour qu’ils présentent eux-mêmes leur portion du plan stratégique et se faire challenger. C’était très stimulant! »

Joindre des réseaux à l’international – notamment celui du MIT où il a suivi une formation similaire à celle du Parcours Techno EEB – a permis à Éric Chouinard d’apprendre et, surtout, de voir plus grand.

« C’est un réseau incroyable! Quand tu vas t’imprégner au MIT à Boston, de gens qui font juste ça depuis 30 - 40 ans, tu reviens au Québec et tu te dis que tout est possible ! »

 

4e défi : Communiquer sa vision à tous les groupes

 

« Quand tu es 4-5 employés, ce n’est pas compliqué. On se parle et c’est réglé ! »

Pour une entreprise de plus de 230 employés qui opère à l’international, c’est une tout autre histoire…

« On avait plusieurs bureaux dans plusieurs pays, on était ouvert 24h/24 et on fonctionnait en groupes de travail. Nos employés étaient de différentes générations et de différentes cultures… Ça crée plusieurs défis de communication. »

La clé pour Éric Chouinard est d’avoir un message clair et simple.

« Notre message était Never Get Down. Il devait être compris de tous. Pour moi, ce sont – et je m’excuse de le dire - les employés en premier, ensuite les clients, les actionnaires et, finalement, la communauté. Le message doit être nuancé pour chaque groupe, car les priorités de chacun ne sont pas les mêmes. »

Et quand il nous dit que la communication est prioritaire, ça se matérialise même lors d’une acquisition.

« Trop d’entreprises attendent trop longtemps. C’est simple: il faut que ton plan de communication soit déjà fini avant que tu fasses l’acquisition. »

 

5e défi : Surmonter les insécurités du marché

 

Pour une entreprise techno née des années 90, la crise de la bulle techno des années 2000 et la crise financière de 2008 ont été des moments marquants qui ont soulevé beaucoup de questions et d’insécurités chez les employés.

« J’ai fait le tour de tous mes groupes et je leur ai dit : il va y avoir une reprise économique ! C’est juste que je ne sais pas quand. Mais quand l’économie va reprendre, NOUS, on va être prêt. »

Ainsi, iWeb investit plus de 6MUS$ en Recherche et Développement en 2008 alors que son chiffre d’affaires oscille entre 15 et 20M$.

« C’était plus du tiers de notre chiffre d’affaires. Le développement de cette application d’automatisation de gestion, c’est ça qui nous a propulsés. »

Cette vision d’un avenir prometteur, elle vient souvent aussi avec son lot de risques. Voilà pourquoi il est essentiel de la valider avant de la mettre en œuvre.

« Il y a eu 3-4 moments importants dans la vie d'iWeb et ma participation au programme avec le MIT a été un point tournant. L’idée de créer une nouvelle technologie est partie là et le programme du MIT a permis de confirmer qu’on prenait les bonnes décisions et qu’on avait les bons réflexes. »

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Le parcours EEB Techno : un nouveau départ !

« Je suis hyper fier de faire partie de ce nouveau départ et je souhaite que, dans 20 ans, des équivalents de partout dans le monde vont s’être associés à nous pour recréer ce qu’on a réussi à faire ici, en 2016, au Québec. »

Nous aussi Éric, on est bien fier de pouvoir compter sur vous!

- L’équipe EEB Techno

Les articles "5 défis/conseils/décisions/etc." soulignent les 5 ans de l'EEB, célébrés cette année. Vous allez en voir souvent au fil des mois. Vous avez une idée de sujet ou une personne précise à qui vous aimeriez poser vos questions au sein de notre communauté? On veut les connaître!

 

Présentateur officiel

Caisse De Depot Et Placement Du Quebec

En collaboration avec

Mesi Quebec

 

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