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5 oct. 2016

5 choses apprises au Mexique sur... Les apparences

Il y a deux ans, j'acceptais un mandat d'expatrié au Mexique pour effectuer l'intégration d'une usine suite à une acquisition. Maintenant, quelques semaines après mon retour définitif au Canada, j'aimerais partager, via cette série sans prétention, les leçons que j'ai tirées de mon aventure mexicaine.

Les Apparences

En guise d'introduction, je vous suggère fortement de commencer par lire cet article que j'ai écrit en novembre 2014 pour l'École d'Entrepreneurship de Beauce, seulement deux mois après mon arrivée au Mexique. Il donne une bonne idée du contexte et de mon état d'esprit de l'époque. Et c'est justement le propos de ce premier article de ma série sur l'expatriation: les apparences.

Le moins qu'on puisse dire est bien que tout ne s'est pas déroulé exactement comme je l'anticipais au départ.  Les choses perçues a priori comme les principaux défis et différences lors de mon arrivée au Mexique se sont avérées plutôt futiles et anecdotiques. 

Avec le temps et l'expérience, les apparences ne sont vraiment pas ce qu'elles semblaient au début.

Une fois passé outre les différences et les obstacles superficiels du départ, voici les 5 choses que j'ai vraiment apprises en allant au-delà des apparences:

1- La première impression compte, mais...

De manière très générale, il ne reste aujourd'hui quasiment rien de mes premières impressions du Mexique. Que ce soit à propos des gens, de la culture, de la nature du défi à relever ou des avantages/inconvénients de l'expatriation, tout a changé! Les premiers détails qu'on voit ou perçoit ne sont définitivement pas les plus importants.

La première impression est certainement un outil puissant pour se donner rapidement une ligne de conduite devant une situation ou une personne nouvelle ou pour éliminer une option ''obviously'' très mauvaise. Toutefois, la prudence est de mise lorsque cette première impression survient face à une nouvelle culture dont les codes et subtilités nous sont encore inconnus. Cette impression est alors à risque d’être teintée de nos préjugés, ou encore d’être mal interprétée et de porter préjudice aux personnes que nous rencontrons. Ainsi, une fois que la décision d’aller de l’avant est prise, il faut laisser cette première impression derrière soi et essayer de comprendre au-delà de notre culture, de nos propres codes. Ceci s'applique autant aux individus qu'aux situations. 

2- La culture du pays c'est beaucoup plus que des tacos et des mariachis!

La culture mexicaine ne se limite pas (évidemment!) aux stéréotypes véhiculés par les médias nord-américains. Elle est complexe et fortement influencée par une histoire longue et mouvementée et ne se laisse pas découvrir facilement. Indubitablement, les gens raisonnent de façon différente et les règles sociales ne sont pas les mêmes que chez nous. Le changement de culture sera d'ailleurs le sujet d'un article à part entière.

Oui. Il y a des tacos partout et c'est vraiment (vraiment!) délicieux.

Oui. Les mariachis sont super populaires et très divertissants.

Non. Personne ne fait la siesta au pied d'un cactus en après-midi.

Vous pouvez remplacer ''tacos'' et ''mariachis'' par n'importe quel autre mot relié au pays de votre choix et ceci s'appliquera! Il est impossible de juger de la culture d'un pays à partir de chez soi. Il faut la vivre.

3- Une entreprise c'est comme une personne: il faut du temps pour la connaître.

Quelques mois avant l'acquisition, dans le cadre de la revue diligente, j'ai passé une semaine complète à auditer notre future nouvelle usine et à questionner les gens sur leurs compétences et leurs façons de faire. Cela peut sembler beaucoup de temps à gratter une entreprise de fonds en comble, mais ça m'a seulement permis d'obtenir une photographie de son visage. Sans plus. Je ne le savais pas à ce moment, mais je n'ai rien appris de son caractère et de sa personnalité.

Au même titre qu'une personne unique, pour bien connaître une entreprise il faut passer du temps à l'étudier. Il faut partager des succès et aussi des échecs avec elle. C'est ainsi qu'on apprendra comment elle réagira dans telle ou telle condition, quelles sont ses forces, ses faiblesses. Il faut passer le plus de temps possible à côtoyer ses gens pour en connaître le véritable caractère. Et ça, ça prend des mois ou même des années.

4- La langue n'est qu'un moyen. Pas une fin ni un obstacle. 

Lorsque je suis arrivé au Mexique je ne parlais pratiquement pas espagnol et les gens de ma nouvelle équipe ne parlaient presque pas anglais (pas du tout pour la grande majorité) et encore moins français.  Ce fut certainement très difficile durant les premières semaines et c'est sans doute LA question qui intrigue le plus les gens que je rencontre.

Toutefois, cette lacune m'a forcé à prendre plus de temps avec tous et chacun pour mieux communiquer, à observer les comportements et réactions des gens (à défaut de comprendre les mots qu'ils disaient) et à simplifier au maximum le contenu de mes messages tant parlés qu'écrits. Bien qu'aujourd'hui je parle espagnol couramment, ma lacune initiale n'a pas vraiment été un obstacle; elle m'a plutôt permis de développer des aptitudes de communication très utiles et essentielles dans l'accomplissement de ma tâche et à adopter une approche beaucoup plus humaine dans ma manière de gérer.

5- Nos craintes sont invalides.

Je craignais principalement un grand défi professionnel, avec tout au plus quelques petites difficultés sur le plan personnel en guise d'accompagnement. J'avais tout faux. C'est exactement l'inverse qui s'est produit.

Oui, j'ai évidemment été très bien servi en terme de challenges professionnels! Sauf que c'est la nature même de mon travail que de résoudre des problèmes et ce ne fut donc pas très déstabilisant, ni même si difficile (d'accord, peut-être un peu difficile, je l'avoue!). Par contre, le vrai défi, le vrai obstacle, celui-là résidait dans le côté personnel.

L'adaptation à la culture, l'éloignement des nos proches, le changement de style de vie pour ma conjointe (d'entrepreneure à mère à la maison), la naissance de notre premier enfant dans un contexte totalement inconnu, et j'en passe. Voilà toutes des choses que je n'avais jamais vu venir!

Ces choses-là m'ont vraiment et complètement sorti de ma zone de confort.

Bref, si je n'avais écouté que mes craintes, j'aurais peut-être refusé une opportunité en or en me basant sur des apparences totalement fausses. Voilà pour moi une très grande leçon. La plupart de nos craintes ne sont pas fondées et ne se concrétiseront pas.

 Comme le dit si bien mon bon ami Sir Richard:

Et vous? Comment gérez-vous vos anticipations? Quelles sont les apparences qui vous ont surpris (ou non?) dernièrement? Comment réagissez-vous devant l'inconnu?

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