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23 juil. 2019

Témoignage d'entrepreneur-athlète - Apprendre à la dure

La santé mentale et physique doit rester une priorité. Mais que faire quand nos priorités ne semblent plus tenir la route? Se recentrer et se ressourcer sans prendre de vacances, c’est comme essayer de combattre les courbatures par l’entraînement. Une fois, c’est possible, deux, peut-être, mais à la longue, le corps tombe en épuisement et il FAUT prendre un et même plusieurs «rest days». Voici comment notre entrepreneur-athlètes de la G11 Émergence, Benoit M. Bédard a réalisé qu’il était important de prendre des congés dans son parcours.

 

Un processus plutôt difficile qu’il désirait partager avec nous tous dans le but de motiver les gens, qui comme lui, sentent que les sphères personnelles de leurs vies sont compromises dans le processus de gérer son entreprise.

 

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L'art de savoir décrocher

Probablement que la chose la plus difficile pour un entrepreneur est de décrocher… que ce soit à la maison ou pour les vacances. On met tellement d’énergie dans notre projet d’entreprise qu’on peut mettre la personne qu’on est de côté…c’est ce que j’ai fait… j’ai arrêté la plupart des activités et des sports que je faisais, j’ai commencé à avoir de moins en moins d’affinités avec mes amis d’enfance, des gens que je côtoie depuis plus de 20 ans. C’est plus facile de s’isoler parce que les gens autour de nous ne comprennent pas ce que l’on vit, ou enfin c’est ce que l’on croit. J’en suis venu à être plus près de mon équipe et de mes relations d’affaires que de mes amis et ma famille. 

 

Quand on est dans le feu de l’action et qu’on vit une forte croissance, on met l’accent sur nos objectifs et tout le reste autour disparaît. Combien de fois j’ai organisé mes vacances et mes activités familiales pour pouvoir répondre à mes courriels et mes appels sans trop le laisser paraître. Parfois, tout se passe à merveille et c’est comme si je n’avais jamais quitté et d’autres fois, c’est la folie et je dois absolument m’en mêler malgré moi. J’ai fréquemment été présent physiquement, mais complètement ailleurs mentalement que je ne réalisais pas que ma famille le sentait. J’ai poussé l’audace jusqu’à me dire que si je me divorçais, je pourrais travailler encore plus fort. C’est complètement fou de penser ça et ça n’a pas aucun sens lorsque je prends un peu de recul! À un certain moment, on cherche à optimiser tout ce qu’on a pour réussir à tout couvrir dans la business… j’adore ma femme et mes enfants et je n’aurais jamais pu les quitter, pourtant l’idée de le faire a traversé mon esprit. Ma santé mentale était compromise. Ma santé physique quant à elle, ça fait longtemps que je l’ai mise de côté. Le plus drôle dans tout ça c’est que je pousse très fort pour que les gens qui travaillent avec moi aient un équilibre parfait, je leur dis de prendre soin de leur famille et leur santé et je leur offre tout ce qu’il faut pour y arriver. 

 

Se donner les moyens

Je n’ai pas de «recette miracle», il y a une grosse portion de cela que je catégorise dans le «cost of doing business», mais le reste, je l’ai appris à la dure. J’ai dû apprendre peu à peu à préparer mes vacances et à dire non aux événements qui ne me permettaient pas de décrocher. C’est difficile de couvrir tous les fronts puisqu’on est impliqué dans tellement de dossiers, mais ça vaut vraiment la peine de prendre le temps d’assigner chacun des dossiers à quelqu’un et de prévoir un plan d’action pour couvrir 80% des situations qui peuvent survenir. 

 

Restons honnêtes, je ne suis pas vraiment capable de couper complètement les ponts, je demande des rapports à tous ceux à qui j’ai délégué quelque chose, mais au moins je n’ai pas d’opinion ou de réponse à donner. Les gens à qui je délègue s’occupent de tout et j’ai l’esprit tranquille. Ça me permet d’être vraiment présent, de profiter de mon temps d’arrêt et ça permet aux gens autour de moi de sentir que je suis vraiment là. Je prépare mes plus gros dossiers,  je gère les attentes de mes clients et de mes partenaires et tout ça fait une grosse différence. L’expérience client ou l’expérience de mes partenaires est beaucoup moins affectée lorsqu’il y a des urgences, puisque j’ai prévu une solution pendant mon absence. 

 

J’ai encore beaucoup à apprendre, je ne détiens pas la science infuse, mais si cela peut m’aider, pourquoi ne pas le partager ? 

 

Finalement,  un autre élément de mon quotidien qui m’a beaucoup aidé fut de faire l’EEB. J’étais très actif et motivé pour les plans stratégiques de ma compagnie. En participant à la cohorte, je me suis vite rendu compte que je n’en avais aucun pour moi et aucun avec ma femme… Finalement, pendant mes «vacances» j’ai réalisé que j’attendais juste de retourner au travaille. J’étais plate en maudit, c’est tellement important de garder l’équilibre dans toutes les sphères de sa vie. C’est aussi si simple à dire et si complexe à faire. Quand on travaille à rendre le chemin plus agréable, on est pas mal moins pressé de se rendre à destination et le temps passe plus vite.

 

- Benoit M. Bédard, entrepreneur-athlètes de la G11 Émergence, Vice-Président Innovation d'Amotus Solutions et DimOnOff

 

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Nous avons la chance de lire un témoignage authentique d’un entrepreneur qui a appris à la dure et qui souhaite peut-être créer un changement dans la vie de certains entrepreneurs qui se retrouvent face au mur. Laisser-aller le «control freak» le temps d’une semaine ou deux pour vous permettre de retrouver la véritable personne que vous êtes, mentalement et physiquement. Ça ne semble pas si difficile à dire, mais c’est plus complexe à faire. Si vous sentez que vous êtes dans cette situation, exprimez-vous et surtout, confiez-vous. L’admettre et le verbaliser est le premier pas vers le changement! 

  

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