Réflexions

La juste valeur d’une entreprise

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Deschênes Martin

Chose certaine, rien n’est certain…

Récemment, un ami me demandait comment je faisais pour évaluer la juste valeur d’une entreprise à acquérir. J’ai tenté tant bien que mal de lui exposer mes réflexions et les éléments à considérer.

Peu de personnes pouvaient prévoir la crise des papiers commerciaux de 2007. Peu de personnes pouvaient prévoir les événements du 11 septembre 2001. Pas plus que la crise sanitaire que nous vivons actuellement.

Plusieurs voyaient venir la crise de la main-d'œuvre, mais nous avons tout de même élu un gouvernement au Québec qui promettait de réduire le nombre d’immigrants. Depuis le quasi-retour à la normale de l’économie, peu avaient prévu que la PCU, maintenant la PCRE, nuirait au retour au travail de plusieurs travailleurs.

Durant les dernières années, lorsqu’on m'interrogeait sur mes principales préoccupations, je répondais que c’était la main-d'œuvre. Selon moi, les entreprises qui réussiraient, qui seraient les championnes, seraient celles qui auraient la capacité de recruter et de garder leurs employés. Que la capacité des entreprises à augmenter leurs affaires et leurs ventes était directement proportionnelle à leur habilité à préserver leur main-d'œuvre.

Nous voilà maintenant dans un beau gâchis: une grande partie de l’économie roule encore à plein, nous ne sommes pas sortis de la pandémie et l’avenir se projette de façon incertaine. Alors quand mon ami m’a demandé comment je percevais l’impact de tous ces éléments et quel était donc le juste prix à payer pour faire l’acquisition d’une entreprise?

Ouf que je lui ai dit!

Comment bien mesurer?

Généralement, le prix d’achat d’une entreprise est en fonction de sa solidité actuelle, sa solidité projetée, sa capacité à faire face à l’avenir, ses opportunités de croissance et de développements en plus de sa posture économique, géographique et culturelle avec l’entreprise acquérante. Il faut aussi tenir compte de la situation, des taux d’intérêt, du contexte géopolitique et j’en passe...

Actuellement, plusieurs entreprises bénéficient d’une situation très enviable qui permet à des fusions-acquisitions d’obtenir un très bon prix pour vendre. Par contre, le marché est moins avantageux pour les acheteurs. Les montants d’investissement sont hautement disponibles et les taux d’intérêt très bas. C’est donc un contexte favorable afin d’obtenir beaucoup d’argent à un coût extrêmement bas.

Et toi, ferais-tu cette acquisition? Et si oui, à quel prix?

La faisabilité d’une acquisition est en fonction d’une bonne évaluation de tous les risques, de sa capacité de payer et de se financer. C’est aussi directement lié à notre propension à prendre des risques. En d’autres mots, quel niveau de risque suis-je prêt à prendre comme entrepreneur? Un entrepreneur doit prendre des décisions, souvent reliées au risque. C’est à chacun de nous de trouver notre zone de confort entre le risque et la prudence.

Bonne chance, lui ai-je dit!

À propos de l'auteur
Martin Deschênes
Martin Deschênes
Président de l'EEB et vice-président du conseil de Groupe Deschênes
Martin Deschênes est vice-président du conseil d’administration de Groupe Deschênes Inc. (GDI) et président de l’EEB depuis 2017. Précédemment, il a occupé le poste de président et chef de la direction de GDI pendant près de 20 ans. L’entreprise chapeautant 16 filiales, opère 191 points de vente au Canada, incluant 21 boutiques spécialisées en plomberie au Québec et en Ontario ainsi que 12 succursales aux États-Unis, pour un total de plus de 3 000 employés. L’entreprise est d’ailleurs reconnue comme l’une des sociétés les mieux gérées au Canada.
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