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École d'entrepreneurship de Beauce: le corps et le cerveau mis à contribution

2 févr. 2011

Un investissement qui n'a pas de prix aux yeux de Cynthia Laflamme, de Steve Bussières et de Maxime Gendreau, trois des membres de la première cohorte d'une vingtaine d'entrepreneurs-athlètes inscrits à l'École d'entrepreneurship de Beauce (EEB).

«Je n'ai pas de gros moyens financiers. Cet argent-là, je l'ai emprunté», raconte Cynthia Laflamme, une jeune gestionnaire qui, en plus de continuer à mener sa petite compagnie spécialisée dans la gestion administrative et immobilière, aspire à diriger une entreprise manufacturière.

«Ça me désole d'entendre dire qu'il n'y a pas de relève pour assumer la succession des entrepreneurs vieillissants. Moi, j'en cher che des entreprises qui auront bien tôt besoin de sang neuf à leur tête, mais je n'en trouve pas», témoigne Mme Laflamme, qui, il y a une dizaine de jours, prenait le train de Québec jusqu'à Port-Daniel, en Gaspésie, pour s'enquérir des conditions d'une entreprise à vendre dans ce coin de pays.

Steve Bussières et Maxime Gendreau, eux, ont déjà les pieds dans une entreprise. Le premier est pdg de Produits métalliques Bussières, de Saint-Henri. Le second est directeur du marketing du fabricant de portes de garage Garaga, de Saint-Georges.

À compter de demain, ils retourneront à l'EEB, alors que la première cohorte d'entrepreneurs-athlètes reprendra l'entraînement. La deuxième cohorte - la période de recrutement n'est pas encore terminée, soit dit en passant - débutera le sien à compter du 12 avril.

À l'EEB, la formation est d'une durée de deux ans et comprend une cinquantaine de journées de formation par année. Les membres d'une même cohorte se retrouvent à Saint-Georges, dans l'ancienne auberge Benedict Arnold rénovée, une fois par mois, généralement du mercredi au dimanche. Directrice générale de l'EEB, Nathaly Riverin explique que l'institution dédiée à la formation et à l'entraînement de l'élite entrepreneuriale de demain rassemble deux types de clientèle. «Il y a des entrepreneurs d'expérience qui viennent ici pour acquérir ce qu'il faut pour faire progresser leur entreprise. Et il y a ceux qui, à court terme, vont prendre la direction d'une entreprise.»

N'est pas admis qui veut à l'EEB. Pour former la première cohorte qui s'est mise à l'entraînement en septembre dernier, 75 candidats se sont inscrits dans le processus de préqualification. À peine une trentaine d'entre eux ont passé l'étape de l'entrevue.

«Nous refusons des candidats», signale le fondateur de l'EEB, Marc Dutil, qui est aussi le président et chef de l'exploitation du Groupe Canam. «Il arrive que l'on dise à un candidat : "On t'aime bien. Tu es dynamique. Si tu veux, on se reverra dans un an ou deux. Va vivre tes difficultés d'entrepreneur et reviens nous voir quand tu auras encaissé des bosses et soigné une couple de cicatrices".»

Steve Bussières a l'impression de vivre un rêve. «Imaginez un peu, pendant deux ans, je vais bénéficier des enseignements d'entrepreneurs chevronnés qui, en toute simplicité, vont nous parler de leur passion et nous raconter sans gêne les erreurs qu'ils ont commises à un moment ou l'autre de leur carrière.»

«Ce que nous écoutons, ce n'est pas de la théorie, mais des vraies histoires», ajoute Maxime Gendreau, pour qui «l'accès immédiat à des entrepreneurs qui ont réussi» vaut son pesant d'or. Dans les faits, le programme de formation de l'EEB a été bâti par des sommités en pédagogie et en formation entrepreneuriale à partir de consultations menées auprès d'une cinquantaine d'entrepreneurs expérimentés. L'ex périence de ces entrepreneurs a servi de matière première à l'ébauche du programme d'enseignement qui n'est pas reconnu par le ministère de l'Éducation.

Il n'y a pas que les neurones du cerveau qui tournent à plein régime à l'EEB. L'accent est mis également sur le conditionnement physique. Ce n'est pas pour rien que l'entrepreneur en émergence s'appelle l'entrepreneur-athlète et que le titre d'entrepreneur-entraîneur désigne celui qui a réussi et qui fait partager son expérience.

«Nous avons devant nous des gens équilibrés tant dans leur vie personnelle et que dans leur vie professionnelle qui nous répètent qu'un entrepreneur bien dans sa peau est un entrepreneur performant», expose Steve Bussières, qui met les bouchées doubles, par les temps qui courent, pour retrouver sa forme physique d'antan. Pierre Pomerleau, pdg d'une entreprise spécialisée dans le domaine de la construction, a convié tous ses entrepreneurs-athlètes à grimper le mont Washington en sa compagnie.

«Ce que j'aime, c'est que l'on nous sort de notre zone de confort afin que l'on puisse repousser plus loin nos limites pour voir comment on va réagir dans une situation difficile», fait remarquer Cynthia Laflamme, qui a encore frais en mémoire un exercice piloté par Ève-Lyne Biron, présidente et chef de la direction de Biron Groupe Santé. «Sans avertissement, on nous a sortis du lit à 4h du matin, en décembre dernier, pour nous envoyer participer à une chasse aux indices en pleine forêt sans eau, sans nourriture. Quelle expérience!»

Si l'École d'entrepreneurship de Beauce se veut un lieu dédié à l'entraînement de ceux qui formeront bientôt l'élite du Québec Inc., elle se veut également un établissement qui montre aux entrepreneurs à devenir des dirigeants citoyens exemplaires, insiste Marc Dutil.

«Un bon matin, Alain Lemaire [président et chef de la direction de Cascades] a décidé de réveiller tout le monde à 6h. C'était l'heure d'aller passer la guignolée dans les rues de Saint-Georges! Nos entrepreneurs-athlètes ont donc la chance de côtoyer des gens d'affaires qui ont réussi, mais aussi qui redonnent beaucoup à leur communauté.» Pour en savoir davantage sur l'École d'entrepreneurship de Beauce, il suffit d'aller visiter le www.eebeauce.com

Pas de tataouinage

Marc Dutil a parlé publiquement de son projet pour la première fois en octobre 2008. En septembre 2010, c'était la rentrée pour la première cohorte composée d'une vingtaine d'entrepreneurs-athlètes de l'École d'entrepreneurship de Beauce (EEB).

Il n'y a qu'en Beauce où l'on passe aussi rapidement de la parole aux actes, constate Nathaly Riverin, la directrice générale de cette école privée pas ordinaire à laquelle les grands patrons d'entreprises québécoises vont bénévolement révéler leurs secrets et raconter leurs bons et leurs mauvais coups.

À ces leaders du monde des affaires, voilà maintenant que s'ajoutent à la liste des entrepreneurs-entraîneurs des vedettes venues d'un tout autre univers. L'artiste Gregory Charles passera 24 heures, jeudi et vendredi, à l'EEB. Sa mission : apprendre à la nouvelle cohorte d'entrepreneurs-athlètes l'art de développer leur créativité.

Rencontré par Le Soleil dans les locaux de l'école aménagés dans l'ancienne auberge Benedict Arnold à Saint-Georges, Marc Dutil a accepté de faire le bilan des premiers pas de l'EEB.

 «L'accueil que nous avons reçu de la part des gens d'affaires de la Beauce, de nos différents partenaires financiers et de nos entrepreneurs-entraîneurs a dépassé nos espérances», avoue le président et chef de l'exploitation du Groupe Canam.

«Vous savez, les Pomerleau, les Lemaire ont d'autres chats à fouetter. C'est le fun de voir qu'ils acceptent de venir donner de leur temps. Ils apprécient leurs relations avec les entrepreneurs-athlètes. Ils se reconnaissent un peu en eux.»

Comme il se doit, le milieu des affaires beauceron s'est serré les coudes pour appuyer le projet de leur compatriote Marc Dutil. Tout près de trois millions de dollars ont été amassés, soit en espèces sonnantes et trébuchantes ou encore sous forme de biens et de services. «Vous voyez nos belles portes, elles nous ont été données par Baillargeon. Le plancher de bois franc vient de chez Boa Franc. Tapis Venture, de Saint-Georges, nous a donné les tapis», énumère Marc Dutil. Et il ne parle pas des 500 gallons de peinture fournis par SICO et des 30 000 $ en matériaux de toutes sortes donnés par BMR.

Une générosité qui n'a pas surpris Marc Dutil. «Vous savez, dans la Beauce, nous avons été bien fiers quand on a vu Marie-Philip Poulin compter deux buts aux Jeux olympiques pour l'équipe de hockey du Canada. Nous avons été heureux de voir Maxime Landry l'emporter à Star Académie. Il n'en demeure pas moins que les vedettes du coin, ce sont les gens d'affaires»

En même temps que les Beaucerons bâtissaient «leur» école des entrepreneurs, des commanditaires, la Banque Nationale Groupe financier, le Mouvement Desjardins, le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et la Caisse de dépôt et placement entre autres sont venus apporter leur soutien au projet en offrant notamment des bourses aux entrepreneurs-athlètes.

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