Nouvelles

Retour

Jean Coutu applaudit Warren Buffett

18 août 2011

«Il a dit que ça n'avait pas d'allure qu'un gars riche comme lui paie en pourcentage moins d'impôts que sa secrétaire et il a tout à fait raison», a affirmé M. Coutu, qui prononçait une conférence, hier soir, à l'École d'entrepreneurship de Beauce, à Saint-Georges.

En soulignant que la situation fiscale au Québec ne se comparait pas à celle qui prévaut chez nos voisins du sud, l'entrepreneur de 84 ans n'en revient tout simplement pas des efforts que l'Américain moyen doit déployer pour en arriver à joindre les deux bouts. «J'ai beaucoup de peine quand je constate la situation que doivent vivre certains travailleurs aux États-Unis. Ça me bouleverse de voir un père et une mère de famille cumuler deux ou trois emplois pour en arriver à payer les études de leurs enfants. À tous les soirs, ils se mettent à genoux pour prier afin que personne ne tombe malade car ils n'ont pas les moyens d'aller se faire soigner», a-t-il déclaré, en ajoutant qu'au Québec, on «chialait» pas mal contre un système de santé qui jamais ne refusera de soigner un citoyen.

Devant son auditoire, Jean Coutu a raconté l'histoire de son entreprise, qui a débuté dans un petit local de 18 pieds sur 55 pieds et avec quatre employés et qui est devenue un empire comptant près de 400 établissements et 19 000 employés, dont le chiffre d'affaires s'établit à 2,5 milliards $.

Il a rappelé qu'à sa première année, le chiffre d'affaires totalisait 67 000 $. Aujourd'hui, une succursale Jean Coutu réalise une performance de ce genre lors de sa journée d'ouverture!

Il a soufflé plusieurs de ses secrets aux jeunes entrepreneurs présents, dont celui d'«avoir le courage de s'entourer de gens plus forts que nous».

«Il faut aimer le monde, savoir leur expliquer les effets d'un médicament dans des termes simples et croire aux produits que l'on vend», a-t-il insisté. Il a aussi mentionné qu'un entrepreneur «devait avoir le courage de dire à ses employés que l'on a besoin d'eux». Jean Coutu a fait remarquer qu'il ne manquait jamais de dire à un balayeur qu'il fait un bon travail. «Ça peut paraître niaiseux, mais ça rend les gens fiers de travailler pour nous.»

Enfin, pour être un bon entrepreneur, «il faut croire à son idée, avoir du coeur, être un peu naïf et ne pas trop se casser la tête avec ce qui pourrait arriver».

Aujourd'hui, Jean Coutu va approfondir davantage avec des «entrepreneurs-athlètes» inscrits à l'École d'entrepreneurship de Beau­ce les secrets de sa réussite. Par ailleurs, M. Coutu est d'accord pour que le mandat des pharmaciens soit élargi afin de leur permettre de poser des gestes médicaux. «Il y a un paquet de choses qu'un pharmacien peut faire, surtout le soir ou la fin de semaine, alors qu'il est souvent le seul professionnel de la santé en poste pour servir le public.»

«Pour cela, affirme-t-il, les pharmaciens devront être encore plus présents dans leur commerce et se mettre dans la tête qu'il faut travailler un peu plus.»

Jean Coutu admet qu'il ne se fait pas beaucoup d'amis auprès des étudiants en pharmacie lorsqu'il aborde cette question. «Ils n'aiment pas quand je dis que, dans mon temps, on travaillait comme des fous. Aujourd'hui, après 32 heures, on fait un burn-out! Entre 32 et 65 heures par semaine, il y a un espace. Je vous garantis que l'on ne burn pas entre les deux!»

Partenaires Or

Partenaires Argent

Partenaires Bronze

exquis-bronze.png
Spektrum média