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La relève entrepreneuriale selon Laurent Beaudoin: une «bibitte rare»

15 sept. 2011

Hier soir, à l'occasion d'une activité marquant la rentrée automnale de l'École d'entrepreneurship de Beauce (EEB), le président du conseil d'administration de Bombardier a lancé un cri d'alarme : le Québec risque d'écoper fortement du peu d'intérêt des jeunes à se lancer en affaires.

La statistique fait réfléchir. En 2018, il y aura 25 000 entrepreneurs de moins qu'aujourd'hui au Québec. Les dirigeants d'entreprise vont partir à la retraite et la relève sera cruellement absente.

«On dirait que les jeunes ont peur du risque. Ils manquent un peu de l'esprit d'entrepreneurship qui a caractérisé ma génération et celle de mes parents», a soulevé Laurent Beaudoin au cours d'un entretien avec Le Soleil avant d'aller prononcer une conférence devant près d'une centaine d'«entrepreneurs-athlètes» inscrits à l'EEB, qui célèbre, ces jours-ci, son premier anniversaire.

«Les jeunes veulent avoir une situation confortable. Ils veulent aller travailler pour une grosse compagnie, avoir une belle position et un salaire assuré. C'est entendu que, quand tu démarres une compagnie, les risques sont plus grands. Pendant plusieurs mois, le salaire est mince. Ça va être définitivement plus difficile», a-t-il exprimé.

Bien plus qu'une statistique, le manque de relève entrepreneuriale va faire mal à l'économie québécoise. «Les entrepreneurs sont des créateurs de prospérité, des générateurs d'emplois. Sans eux, qui va créer la richesse?», a insisté M. Beaudoin, dont les parents sont des Beaucerons pure laine. Il a d'ailleurs grandi dans la région voisine, à Laurier-Station, où son père possédait une entreprise de distribution dans le secteur alimentaire.

Pour tenter de renverser la vapeur, Bombardier s'est associée à l'Université de Sherbrooke pour mettre sur pied un accélérateur de création d'entreprises technologiques. «Nous accompagnons des finissants qui ont des bonnes idées et qui désirent se lancer en affaires. Nous les aidons, entre autres, à peaufiner leur plan d'affaires et à trouver un financement de base. Nous assignons un mentor à chacun d'entre eux.»

Devant un auditoire qu'il reverra en janvier puisqu'il viendra livrer ses secrets à une cohorte de 25 «entrepreneurs-athlètes» pendant une journée complète, Laurent Beaudoin a énuméré les principales qualités d'un bon entrepreneur. Il s'agit d'un être ambitieux, confiant en ses moyens, persévérant, sans peur, intuitif et qui ne se satisfait jamais du résultat présent.

Sa principale qualité : ne pas craindre les risques. «Parce que vous avez confiance en vous, vous pouvez oser. Et même courir plusieurs lièvres à la fois. Le plus grand risque que vous allez prendre pour votre entreprise, c'est celui de ne pas en prendre», a-t-il martelé devant son auditoire en insistant pour dire qu'être un entrepreneur, «c'est inné. Ça ne s'apprend pas sur les bancs d'école».

Celui qui a joint les rangs de L'Auto-Neige Bombardier en 1963 avant d'en devenir le président et chef de la direction trois ans plus tard a reconnu qu'à l'occasion, l'entrepreneur se retrouvait bien seul dans son coin. «Quand l'entreprise traverse une mauvaise passe, tu te questionnes. Qu'est-ce qui arrive? Ai-je pris la bonne décision?» 

C'est pourquoi il applaudit le choix que font les entrepreneurs de PME (aussi appelés entrepreneurs-athlètes) de s'inscrire à l'EEB, fondée par Marc Dutil du Groupe Canam, pour aller se ressourcer et s'inspirer des expériences, bonnes et mauvaises, vécues par les chevaliers d'entreprise du Québec (aussi appelés des entrepreneurs-entraîneurs) comme lui, Jean Coutu, Alain Lemaire, Placide Poulin et autres.

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