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Marc Dutil nommé Personnalité de la semaine La Presse/Radio-Canada

19 sept. 2011

«Je suis dans la voiture. Sur le mainlibre. On peut commencer «, annonce Marc Dutil, à l'autre bout du fil. Malgré le bruit de la circulation et des essuie-glaces, on sent dans la voix de l'homme qu'il est passionné, allumé et très occupé. Sa feuille de route est impressionnante. Natif de Saint-Georges, Marc Dutil fonde une entreprise de conception informatique, après des études universitaires au Boston College. Puis il rejoint en 1989 le Groupe Canac Manac, entreprise familiale fondée par ses grands-parents. Il occupe plusieurs postes, à l'usine de Saint-Gédéon-de-Beauce, tout en poursuivant ses études dans plusieurs universités. Marc Dutil fonde en 1995 le Réseau Acier Plus et en devient le président en 1999. Il est président et chef de l'exploitation du Groupe Canam depuis 2002. Canam est un des plus importants fabricants de produits de construction de l'Amérique du Nord.

Marc Dutil a aussi siégé au sein de plusieurs conseils d'administration pour des organismes à but non lucratif. Il a assuré la présidence de plusieurs campagnes de financement communautaires. Il est fréquemment invité comme conférencier partout dans le monde. Il est aussi le père de cinq enfants. Et il est le président fondateur de l'École d'entrepreneurship de Beauce. Après une vie passée dans le monde de l'acier, on peut se demander si l'homme n'en est pas fait, lui aussi. «Il faut garder la forme», souligne-t-il. «Mon père me donne encore parfois des claques derrière les oreilles, ça aussi, ça me permet d'avancer», ajoute-t-il, pince-sans-rire.

L'entrepreneuriat

En 2007, Marc Dutil est joint par des amis qui désirent faciliter l'accès à des cours universitaires dans sa région. Il ne déteste pas l'idée, mais il n'est pas tout à fait convaincu. «Je trouvais qu'on n'avait pas besoin d'un 32e cours de comptabilité dans la province «, avoue-t-il.

Marc Dutil décide plutôt de miser sur l'enseignement de l'entrepreneuriat. Une voie sous-estimée par les jeunes du Québec, selon lui. Les dernières données du gouvernement lui donnent raison. En 2018, il y aura 25 000 entrepreneurs de moins qu'aujourd'hui au Québec. Les jeunes préfèrent décrocher un emploi au sein d'une grande société plutôt que de démarrer leur entreprise.

Marc Dutil commence à sonder des entrepreneurs reconnus dans différents milieux. Il teste son projet, il amasse de l'argent et il leur propose de devenir enseignants. Même si certains sont plus difficiles à convaincre, il n'abandonne pas. L'École d'entrepreneurship de Beauce voit enfin le jour en septembre 2010. Elle est la seule école du genre au Canada. Les élèves choisis sont déjà des entrepreneurs qui viennent y chercher des outils supplémentaires pour poursuivre sur leur lancée.

«Contrairement aux autres formations, on travaille sur la taille des gouvernails, plutôt que sur la taille des voiles. Pour être un bon entrepreneur, il faut plus que de savoir calculer ses crédits et ses débits», précise-t-il. Selon lui, l'entrepreneuriat s'enseigne, mais il faut aussi avoir la vocation. «Les gens croient qu'on devient entrepreneur pour avoir de l'argent ou pour être son propre patron. Les vrais entrepreneurs le deviennent pour des raisons plus grandes qu'eux-mêmes», ajoute-t-il.

Ses élèves, qu'il appelle les «entrepreneurs-athlètes», s'engagent, sur une période de deux ans, à venir une quinzaine de fois en Beauce. Les séances de formation se tiennent en général du mercredi au dimanche. Les enseignants, appelés «entrepreneurs-entraîneurs «,donnent de leur temps bénévolement. «Je ne rembourse même pas leur kilométrage «, avoue-t-il. Plusieurs grands noms du Québec inc. sont venus y partager leur expérience. D'Aldo Bensadoun à Jean Coutu, en passant par Gregory Charles.

Sa région

Marc Dutil est très attaché à sa région, la Beauce. Il y habite d'ailleurs dans la maison de son arrière-grand-père. Animé par le même désir que ses ancêtres, il avait lui aussi envie d'enrichir la communauté qui l'a vu grandir. «Je ne voulais pas que les élèves arrivent le matin et qu'ils repartent le soir. Je voulais que mon projet laisse plus que des traces de pneus sur nos routes», raconte-t-il.

L'école a créé une vingtaine d'emplois à Saint-Georges. Et les «entrepreneurs-athlètes « sont invités à s'engager dans les organismes à but non lucratif de la région. Ils participent ainsi, eux aussi, à la vie économique et sociale de la région.

«En Beauce, on a peu de ressources naturelles. On n'a pas d'autoroutes, pas d'université et nos champs sont pleins de roches. Mais tout le monde connaît la Beauce. Notre richesse, ce sont nos gens qui l'ont créée», souligne-t-il fièrement.

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