Nouvelles

Retour

Faire autrement : une école pour soutenir les entrepreneurs

23 mai 2012

En quelques minutes – l’effet de dramatisation nous donne cette impression –, les experts, surnommés dragons, par leurs commentaires justes et parfois durs, créent de l’espoir ou défont un projet qui leur semble sans avenir.

On ne sait trop si ce type d’émission aura un effet d’entraînement. Mais pour le moment, elle concourt à populariser l’initiative, ce qui est en soi un résultat intéressant et qui peut contribuer à développer notre fibre entrepreneuriale.

Il semble, selon un sondage publié annuellement par la Fondation de l’entrepreneurship, un « organisme sans but lucratif engagé dans la promotion du développement de la culture entrepreneuriale comme moyen privilégié d’assurer le développement économique et social du Québec », que nous en ayons besoin.

La Fondation, depuis 2009, met de l’avant son Indice entrepreneurial québécois, en collaboration avec Léger Marketing et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Que nous révèle cet indice ? Que même si nous reconnaissons que l’entrepreneuriat peut être un choix de carrière stimulant, nous sommes moins enclins que l’ensemble du Canada à démarrer une entreprise.

Pourtant, nous disposons de plusieurs outils pour nous encourager dans cette voie et pour persévérer. Il existe même une école spécialisée : l’École d’entrepreneurship de Beauce. Les cours et séminaires dans les établissements d’enseignement reconnus ne manquent pas, mais à ma connaissance, c’est la seule école entièrement dédiée à l’entrepreneurship. Elle se distingue par sa spécialisation, bien sûr, et par son approche novatrice.

L’entrevue avec sa directrice générale, Nathaly Riverin, est concluante à cet égard. À l’École, les professeurs sont des entraîneurs et l’équipe pédagogique, responsable de la formation et de l’élaboration des activités d’apprentissage, fait aussi office de coach.

Nathaly préfère parler de l’identification des besoins à combler plutôt que de compétences à atteindre, et insiste sur l’amélioration du produit et sur le développement de la confiance en soi.

Il faut dire que les étudiants n’en sont pas à leurs premières armes; ils sont déjà en affaires. Ils recherchent des modèles de croissance et les cas vécus sont une source d’inspiration pour eux.

« Le coaching d’affaires est important chez nous, et toute l’organisation pédagogique est adaptée à notre clientèle. Ainsi, même si le programme dure deux ans, il a été conçu pour que ceux qui y sont inscrits puissent poursuivre leurs activités professionnelles », de mentionner Nathaly Riverin.

Le programme est concret et se colle à la pratique. Il a été bâti à la suite d’entrevues avec quelques 75 entrepreneurs québécois, qui ont généreusement accepté de se prêter au jeu; on en a retiré les meilleures « leçons », pour reprendre l’expression de Nathaly.

Les étudiants suivent cinq jours de formation à tous les deux mois où, en alternance, ils participent à des activités formelles et informelles ainsi qu’à des expériences d’entrepreneurship, sans oublier la pratique du sport. Comme des marathoniens – le programme en est un d’élite –, on pousse au maximum leurs capacités pour que la progression soit rapidement tangible.

« Nos groupes ne dépassent jamais 30 personnes, et on y instaure un esprit collaboratif, qui profitent à tous. Il n’y a pas de concurrence entre elles. Notre but est l’enrichissement et la croissance, pas la compétition », de préciser la directrice générale.

Depuis l’ouverture au public en septembre 2010, l’École d’entrepreneurship de Beauce a accueilli une centaine d’entrepreneurs en formation, plusieurs constituant la relève d’une entreprise familiale. Les femmes, en minorité, représentent quant à elles environ 35 p cent.

À la fin de leur programme, ils sont invités à garder un lien avec l’École et leurs collègues en faisant partie d’une communauté de pratique, en devenant eux-mêmes entraîneurs ou en maintenant le réseautage entre eux.

Un programme de rêve qui n’est pas donné. Il en coûte en effet 27 500 $ par année. Pourtant, sur le site, les témoignages sont élogieux, et Nathaly me confirme que si, au départ, certains font des commentaires à ce sujet, quand ils commencent la formation, ils oublient le prix. « Plusieurs nous disent, par la suite, que sans le savoir, ils se sont offert un cadeau, tant le retour sur l’investissement est rapide », car ce qu’ils apprennent, ils peuvent le transférer immédiatement dans leur propre réalité, étant toujours actif sur le marché du travail. Et les bénéfices ne se font pas attendre.

Partenaires Or

Partenaires Argent

Partenaires Bronze

exquis-bronze.png
Spektrum média