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Maudits riches! - Point de vue, par Charles Sirois

21 sept. 2013

Les acteurs de cette tragédie qui se joue sous nos yeux, qu’ils soient entrepreneurs, professionnels, fonctionnaires, syndicalistes ou politiciens, ont tous en commun ce désir, cette pulsion d’accroître leur richesse personnelle, non pas en la créant, mais plutôt en la spoliant. Ils s’approprient cette richesse par leurs activités de corruption et de collusion, et non pas par l’excellence, l’amélioration, l’innovation ou la productivité. La chose est d’autant plus grave que les effets d’un tel système de spoliation sont d’une perversité amplifiée par le développement de la médiocrité, de la dégradation et de l’inefficacité. De ce fait, non seulement aucune richesse n’est créée, mais cela entraîne au surplus un appauvrissement collectif par la prolifération d’entreprises non concurrentielles, d’employés non productifs, de professionnels incompétents, de fonctionnaires sans sens du bien commun et de politiciens intéressés.

La construction de nos actifs collectifs est motivée par l’intérêt propre, et ce, à des prix non concurrentiels pour une qualité douteuse. L’impact d’un tel système dépasse largement l’argent que se sont approprié les instigateurs. Tout cela pour que quelques-uns s’enrichissent à nos dépens. Avec de tels riches, une société ne grandit pas, elle s’atrophie. Avons-nous besoin de ces maudits riches ?

Le 25 avril dernier, un événement spécial a été organisé à Saint-Georges-de-Beauce pour reconnaître l’impact que l’entrepreneur Marcel Dutil a eu dans cette région. La soirée « Merci Marcel » a été organisée par la communauté et avait pour but de démontrer tout le respect et l’admiration qu’elle a pour Marcel en tant qu’homme et entrepreneur. J’ai été surpris de constater comment les valeurs entrepreneuriales sont au cœur de cette collectivité. Être un entrepreneur y est vu comme un métier noble et désiré. Les parents élèvent leurs enfants en utilisant ces hommes et femmes d’affaires comme modèles de vie.

Ces entrepreneurs beaucerons bâtissent leurs entreprises au risque d’une vie toute de sacrifices, en y mettant l’ardeur et la persévérance nécessaires à une réussite basée sur le dépassement. Et lorsque le succès est au rendez-vous, c’est toute cette région et tout le Québec qui s’enrichissent. Une partie de ce mérite revient certes à l’instigateur et, par ce succès, il devient riche. Un maudit bon riche.

Les Québécois ressentent souvent un inconfort à l'égard de la richesse. On utilise fréquemment comme excuse que notre passé catholique expliquerait une telle attitude. Nos Beaucerons ne sont pas protestants, et chez eux la richesse ne semble pas un péché, mais plutôt une vertu. À mon avis, c’est que leur référence à la richesse est celle du maudit bon riche, tandis que pour plusieurs autres Québécois, c’est celle du maudit riche.

Le Québec est maintenant la région du Canada où le revenu disponible par habitant est le plus bas. Le Québec a grand besoin d’avoir de plus en plus de ces maudits bons riches et de moins en moins de ces maudits riches. Il y avait plus de 600 personnes ce soir-là à Saint-Georges. Plusieurs venaient de partout au Québec, mais la majorité était beauceronne. La fierté était palpable dans cet aréna. Marcel a fait un discours inclusif mêlant l’ensemble de la communauté à la réussite de son œuvre. Ils se sont même fait plaisir en amassant plus de 750 000 $ pour l’École d’entrepreneurship de Beauce.

Je me suis mis à imaginer un Québec tout entier fier du succès de ses riches, et des parents rêvant d’enfants entrepreneurs. La recette est simple et développée par des gens de chez nous.

Devenir riches… Et si on s’y mettait ?

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