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Les Québécois et l'entrepreneuriat: je préfère les verres à moitié pleins

8 févr. 2014

Un riche héritage entrepreneurial

Le « déficit entrepreneurial » actuel du Québec est bien réel.  Je parle de « déficit », et non de « retard », car je ne suis pas sûr qu’il soit hérité de nos ancêtres. Notre histoire foisonne d’exemples trop peu connus qui contredisent l’archétype du Canadien-français étranger aux affaires. Par exemple, avant d’être une chaîne d’hôtels, Radisson fut un entrepreneur d’envergure, faisant commerce des fourrures en France, en Angleterre et en Nouvelle-Angleterre, où il recrutait également des partenaires financiers. À la même époque un François Poulin de Francheville faisait fortune comme marchand, mais, surtout, une envergure et un poids comparables aux plus influents de leurs contemporains du Canada anglais et des États-Unis. Leur vie, leurs réalisations sont mal documentées, plus mal diffusées encore. Pareille lacune témoigne des valeurs très contemporaines de ceux qui écrivent et diffusent notre histoire, pas de ceux qui l’ont faite. 

 

Un verre à moitié plein

Notre « déficit entrepreneurial » n’est donc pas historique. Encore moins génétique. Mais surtout, il est tout à fait relatif. Au lieu d’y voir un verre à moitié vide, je préfère voir le verre à moitié plein du dynamisme des jeunes entrepreneurs québécois; ces entrepreneurs qu’évoquent les enquêtes de la Fondation de l’entrepreneurship; ces entrepreneurs, marchands ou fournisseurs, que j’ai côtoyés pendant 35 ans (deux générations!) passés chez RONA; et ces jeunes avec qui j’échange aujourd’hui à l’École d’Entrepreneurship de Beauce. Tous, ils ont la passion et la flamme de l’entrepreneur; plusieurs ont la vision et l’envergure pour réussir en affaires; quelques-uns ont aussi un supplément d’âme qui donne à leur projet un sens et une portée qui dépassent la solidité du bilan et de la seule réussite matérielle.

Déficit ou pas, la culture entrepreneuriale du Québec a de profondes racines; elle est porteuse de fruits mûrs et de bourgeons vivaces et nombreux.

 

La solitude de l’entrepreneur

De toute façon, la décision d’entreprendre appartient à des personnes. Pas à la collectivité, ni à leur culture. Celle-ci peut être plus ou moins porteuse, mais peu importe où, lancer ou reprendre une entreprise est une « traversée en solitaire ».  Il y a une équipe, des collaborateurs, peut-être le support d’une famille ou de proches, mais en dernière analyse, il y a un entrepreneur face à soi-même; qui partagera ses succès avec tous ses collaborateurs, mais qui assumera seul la responsabilité d’un  échec.

Pour cela, il faut une personnalité un peu particulière, des habiletés, un plan, beaucoup de ténacité…

Mais j’anticipe.  Tout cela, j’en parlerai dans mes prochaines chroniques.  

 

(1) - Fondation de l’entrepreneurship, en collaboration avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, Les entrepreneurs québécois font-ils preuve d’audace ? Indice Entrepreneurial québécois 2013.

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